Jeudi, 20 juin 2019
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L'unité des chrétiens par Monseigneur Eugène Pappas

Vassula a parlé de devenir des dieux, d’être déifiés.

Hier, dans l’Eglise Orthodoxe, nous célébrions le « Kyriaki tis Orthodoxias » le dimanche de l’Orthodoxie. C’est un jour très spécial ; nous le réservons pour le premier dimanche de Carême parce que c’est le jour où les icônes ont été restaurées dans l’Eglise. Certains d’entre vous connaissent l’histoire de l’Eglise du 8ème au 10ème siècle ; de 700 à 900, il y eut 200 ans de persécutions : nous ne pouvions pas avoir d’icônes, c’était interdit. L’Empereur de Byzance les avait mises hors- la- loi parce que les gens conservaient les icônes, ils vénéraient les icônes et priaient devant les icônes, et il y eut une grande persécution parce que l’icône était le symbole du Christ.

L’icône pour nous est une vivante réalité (illustrant) que l’Incarnation est un fait historique, que le Christ S’est fait homme afin que l’homme puisse être déifié et retourne à Dieu dans un état plus parfait. C’est le cycle de notre vie. Aussi, Dieu S’est fait homme.

Renier l’icône, c’est renier l’Incarnation et renier l’Incarnation, c’est renier le Messie, le Rédempteur, qui est Jésus-Christ ; aussi c’est pour nous une fête importante qui nous rappelle que notre Dieu a visité Son peuple et que notre Dieu a promis de revenir et nous Le connaissons dans l’image de Jésus-Christ.

Malheureusement, pour nos frères juifs et nos frères musulmans, qui croient au même Dieu, ils ne L’ont pas vu parce qu’ils n’acceptent pas l’Incarnation. Nous avons accepté l’Incarnation et notre Dieu est un Dieu vivant que nous connaissons, que nous révérons, que nous vénérons. Ce même Dieu, ce même Jésus, est Un, et de même que le Christ ne peut être divisé, l’Eglise ne peut pas non plus être divisée.

L’Eglise n’est pas divisée, l’Eglise, c’est le Christ. L’Eglise n’est pas divisée. Ce sont les Pasteurs, les Bergers qui sont séparés. C’est la vérité. Et tout pasteur et tout berger - j’entends par « Pasteurs » les prêtres et par « Bergers » les bons évêques - et tout dirigeant de l’Eglise vous dira, s’il est honnête avec lui-même, que son peuple est en union avec les autres peuples : le peuple Catholique et le peuple Orthodoxe ainsi qu’une importante proportion des Protestants également. Les peuples chrétiens sont unis dans l’amour ? Ils sont unis dans la foi. Ils sont unis en l’Esprit. Il est malheureux que les bergers ne voient pas déjà cette unité.

Vassula a magnifiquement parlé de la Seconde Pentecôte. Si vous vous souvenez de la première Pentecôte, lorsque les Apôtres étaient cachés dans la Chambre Haute, il y eut un tourbillon, le bruit d’un souffle de vent, un bruit qui venait de l’extérieur. A l’intérieur, ils n’entendirent pas le bruit, mais ceux qui étaient à l’extérieur entendirent le bruit et répondirent à ce bruit. C’était le peuple de Jérusalem qui dit : « qu’est-ce qui se passe là-haut ? ».

Vous êtes le peuple de Jérusalem. Vous avez entendu le bruit, vous avez senti le vent, vous avez senti la turbulence. Il est parmi nous, et maintenant nous demandons aux Apôtres, nous demandons aux Bergers d’ouvrir les fenêtres et d’ouvrir les portes et de laisser le bruit entrer.

Vassula nous a parlé de devenir des dieux, que nous sommes appelés à devenir des dieux. Je pense que ce qu’elle entend par là est que nous sommes appelés à devenir déifiés, à devenir semblables à Dieu et à revenir à cette source qui est Dieu. Lui dont nous venons, à qui nous devons retourner, inévitablement nous retournerons à Lui, que cela nous plaise ou non, nous allons retourner à Lui et nous trouver face au Trône, et là, Il séparera les brebis et les boucs. Dans cette foule, il y aura également quelques baudets. En grec nous disons : dans cette foule « yparhoun vodia kai gaidouria » oui, certains résisteront. Mais avant que nous atteignions ce point, nous devons passer par la « Kenosis » la purification, où nous faisons le vide en nous-mêmes pour jouir de cette « Théosis », cette communion avec Dieu. Nous ne sommes pas tant appelés à devenir de nouvelles créatures, que d’être renouvelés.

C’est en quelque sorte prendre le vieux pot, le briser et en mélanger à nouveau l’argile avec de l’eau, et le remodeler en quelque chose de frais, quelque chose de nouveau, quelque chose de plus solide, et c’est ce qu’il nous est demandé de faire. Le Seigneur Lui-même l’a fait, et Il a montré ce dont vous avez parlé tout à l’heure, Vassula, en grec « Akra Tapinosi » l’ultime humilité du Christ. Le Christ, Dieu, le « Logos » le Verbe Incarné accepte d’être crucifié. Il accepte d’être crucifié. Cela indique l’humilité. Le Sans-péché prend sur Lui les péchés du monde. Dieu est « Akra Tapinosi » la Suprême Humilité et nous devons demander de faire cela, et cela signifie de nous diminuer nous-mêmes, mais nous ne pouvons le faire qu’en nous rendant à la Volonté de Dieu.

Le commencement de la reddition à la Volonté de Dieu a débuté il y a quelques années durant les dernières décennies. Nous avons vu durant les dernières décennies - Oh ! je dirais les derniers cinquante ou soixante ans le grand mouvement œcuménique avec le Conseil Œcuménique des Eglises et les Conseils d’Eglise locaux et les Conseils d’Eglise nationaux où les assemblées chrétiennes sont venues ensemble, soit comme membres soit comme auditeurs, soit comme représentants. C’était un bon début parce que cela signifiait que nous reconnaissions l’existence de gens qui professaient la même foi mais ne frappaient pas à la même porte. C’est un bon début.

Et maintenant en ce siècle, il nous fait venir aux réalités. Je ne peux pas attendre encore un autre millénaire, c’est trop long. Nous devons le faire maintenant et cela a commencé en mars 1977. Cela a commencé ici, au Moyen-Orient. Tout le Conseil des Eglises du Moyen-Orient et le Conseil Œcuménique des Eglises, non l’Occident, mais le Conseil Œcuménique des Eglise du Moyen-Orient, toutes les Eglises orientales, et les Eglises orthodoxes, les Eglises des pays de l’Est et le Conseil Œcuménique des Eglises se sont rencontrés à Alep en Syrie, pour voir s’ils ne pouvaient pas résoudre ce qui est un grand scandale aux yeux des non-chrétiens. Le grand scandale aux yeux des non chrétiens est la séparation des dates de Pâques. Non que cela nous scandalise plus lorsque les Juifs et les Musulmans nous demandent : « Comment pouvez-vous être séparés sur la Fête essentielle du Christ que vous prétendez être le Seigneur ressuscité ? Comment pouvez-vous être séparés sur cela ? » Cela est arrivé, cela est historique. C’est tragique, mais nous ne pouvons pas continuer avec cela.

Et ainsi, ils se sont rencontrés et cette décision particulière du Conseil Œcuménique des Eglises et du Conseil des Eglises du Moyen-Orient n’a été endossée que la semaine passée par la Commission de dialogue orthodoxe-luthérienne et par la Commission de dialogue catholique-orthodoxe, qu’il y aura, à partir de l’année prochaine, en 2001, une tentative de calculer la date de Pâques d’une manière plus précise afin de ne pas trahir la tradition de l’Orient ni la tradition de l’Occident et ne pas cependant faire de Pâques une date fixe, par exemple, le troisième dimanche d’avril ou le deuxième dimanche d’avril, ce qui serait artificiel. Mais plutôt de calculer la date effective de Pâques selon la tradition apostolique : que ce soit un dimanche, que ce soit au printemps, que ce soit après la première pleine lune de printemps, et que ce soit après la Pâques juive. Il est dit ici : cela sera calculé avec des moyens modernes précis de détermination astronomique, à partir du méridien de Jérusalem parce que c’est le lieu historique où Jésus est ressuscité ? Ainsi, nous revenons à la maison.

Quelle chose glorieuse ce sera lorsque le monde entier, de l’Europe de l’Est à l’Europe de l’Ouest, de l’Afrique à l’Amérique du Sud jusqu’à l’Asie, le monde entier en cette nuit particulière, élèvera ses cierges et proclamera : « Christos Anesti ! - Alithos Anesti ! », « Christ est ressuscité ! - En vérité, Il est ressuscité !... » Et non pas, une Eglise le faisant cette semaine, une autre le faisant trois semaines plus tard, une autre un mois plus tard. Ce fut la confusion dès l’origine, durant la période apostolique où il n’y avait pas de calendrier fixe et où les pèlerins voyageaient de ville en ville et qu’ils étaient confus et scandalisés : « mais j’ai célébré Noël à Rome il y a deux semaines, et maintenant je suis à Thessalonique et vous vous apprêtez à célébrer Noël, tandis qu’en Arménie, ce ne sera que dans un mois ». Aussi l’Eglise a dû corriger ces choses, et ce sont des sujets importants parce que ce sont ces choses que nos gens voient et nos gens disent : « pourquoi les dirigeants sont-ils sourds et aveugles à ce scandale ? ».

Ce qui doit être fait, bien sûr à un niveau local, c’est que nous ne devons pas recommencer à dialoguer, bien que cela soit essentiel. Nous avons dialogué, dialogué et dialogué encore, mais nous devons commencer à prier ensemble parce que la prière est absolument vitale.
Toutes nos intentions sont parties par la fenêtre. Nos peuples prient ensemble. Il n’est pas inhabituel de voir aujourd’hui dans chaque église, des Orthodoxes assis avec des Catholiques, et des Catholiques assis avec des Orthodoxes et des Protestants assis avec des Catholiques et des Protestants assis avec des Orthodoxes.

Nos peuples sont unis dans l’Esprit du Christ et ce que beaucoup d’entre nous peuvent croire être des choses essentielles et très importantes pour la foi sont malheureusement ou, peut être heureusement, pas importantes pour le peuple. Ils considèrent un seul Christ, ils considèrent une seule Vierge Marie, ils considèrent un seul Salut, ils considèrent un seul Dieu, et si je brûle deux cierges, quatre cierges, six cierges ou sept cierges (je pourrais vous donner une explication symbolique de chacun de ces nombres), ou que je n’allume aucun cierge et que je prie dans l’obscurité, ma prière sera néanmoins entendue et ainsi, nous devons prier pour ces sujets, nous devons le faire avec humilité, nous devons le faire en comprenant qu’un changement peut intervenir dans l’Eglise. Nous ne pouvons pas revenir chez nous en disant que cela a toujours été ainsi. Cela n’a pas toujours été ainsi. Ce que nous faisons aujourd’hui ne se faisait pas il y a cinq cents ans. Ce que nous avons fait il y a cinq cents ans ne se faisait pas mille ans auparavant. L’Eglise est en flux constant, en constant changement, en constante croissance, dans une vitalité constante, et une part de cette vitalité est la venue du Saint-Esprit dont j’ai parlé tout à l’heure. Nous vivons ces temps.

On pourrait très bien considérer l’Ancien Testament et cette période où Dieu le Père qui a créé le cosmos a créé le monde, a créé toutes choses. La période du Nouveau Testament est cette période du Christ et de Son Ministère et de Son Salut pour le monde, la Rédemption. Mais maintenant, nous vivons la troisième ère, la troisième kairos, et cette kairos est la « kairos tou Agiou Pneumatos », c’est la période du Saint Esprit. Ne lions pas les mains du Saint Esprit. Ne bouchons pas les oreilles du Saint-Esprit. Ne lui cousons pas les lèvres. Ne lui fermons pas les yeux. Laissons Le vivre et vibrer en nous et en moi, car nous serons l’exemple qui fera que le monde se tourne et dise : « Qu’est-il arrivé ? Quand cela a-t-il commencé ? » Cela a commencé hier.

Il y a encore beaucoup de choses, de nature dogmatique, que je voudrais partager avec vous, mais le temps nous est précieux en cette conférence particulière et mon message doit être un message d’amour et d’unité ; je vous amène simplement la bonne nouvelle de ce qui est arrivé et vous en faites partie. Vous êtes le levain. Vous êtes le levain qui fera fermenter le pain qui deviendra le Corps du Christ. Nous n’avons pas besoin de beaucoup de levain, nous n’en n’avons besoin que d’un petit peu et ce petit peu fera de grandes choses. Pourquoi Dieu vous a-t-Il pris ? Pourquoi Dieu a-t-Il pris Vassula ? Pourquoi Dieu m’a-t-Il parlé en ces termes ? Je ne sais pas. Si je le savais, je serai un autre prophète. Mais Il nous a parlé.

Vous pourriez être maintenant sur la plage, mais Dieu vous a appelés. Dieu vous a pressés, Dieu vous a poussés, et maintenant Il vous presse et vous exhorte et vous pousse à retourner dans vos communautés là d’où vous êtes venus et de raconter aux gens. Ne gardez pas cela secret. Vous direz : « Vous ne croirez jamais ce que j’ai vécu à Jérusalem. Des prêtres et des évêques de toutes dimensions, de toutes formes et de toutes couleurs, avec toutes les couleurs possibles de vêtements et de croix et d’ornements, chacun représentant une grande tradition, et ils sont venus tous ensemble et ils étaient là comme des enfants. »

Père Eugène Pappas
Le 20 mars 2000 à Bethléem
La Vraie Vie en Dieu (supplément 12)
Édition du Parvis Suisse Février 2001