Mercredi, 16 janvier 2019
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Chapitre 2 - La secrétaire livre
 
« Il m’a rompue à cette aide comme aux autres routines de sa vie ; de mon côté, je m’y suis prêtée avec la même facilité, qui venait de ce que j’aimais et admirais ce qu’il était. »
Céleste Albaret, gouvernante et secrétaire de Marcel Proust, à propos de son maître, extrait de Monsieur Proust.



Pour peu que l’on se penche au-dessus des bassins de la critique de La Vraie Vie en Dieu, bassins boueux, mais sans profondeur, rassurons-nous, ne devient-il pas pour nous évident que la critique porte moins sur l’oeuvre elle-même qu’on feuillette plus qu’on ne la lit, dès lors qu’on est mal disposé, que sur Vassula, celle qui se déclare l’involontaire et l’indigne dépositaire de ce trésor ? En cela les détracteurs de l’oeuvre providentielle ont peut-être mieux compris qu’ils ne le soupçonnaient eux-mêmes - bien qu’involontairement - le lien qui unit l’oeuvre à celle qui la reçoit. En effet, disons-le : il est impossible de dissocier La Vraie Vie en Dieu de Vassula.
Depuis des années que du haut des donjons de la calomnie pleuvent sur Vassula flèches, boulets et brûlots, la course de ce livre n’a jamais été ralentie.
« Fleur » est une occasion de chute. Dans une allégorie désormais célèbre du Cantique de l’Epoux, l’un des livres de La Vraie Vie en Dieu, le Seigneur S’applique-t-Il à confondre Vassula avec l’oeuvre qu’Il lui dicte ? Un passage aurait de quoi stupéfier le lecteur, s’il n’avait lu la note, si importante, qui figure modestement au bas de la page :

Dans Son message, je comprends que c’est de moi que parle Yahvé.

.

Il s’agit de la belle et poétique allégorie de l’arbre :

Il n’y a pas longtemps, J’avais planté une pousse. Aujourd’hui, elle a grandi en un arbre et son sommet a atteint le ciel, goûtant de temps en temps les essences et les brises parfumées du ciel. Maintenant, celui-ci est connu en chaque nation, puisqu’il est vu des extrémités de la terre et de toutes les directions. Son vert feuillage est médicinal et comme un baume curatif pour les malades mais, en même temps, un parfum apaisant pour les pauvres et les misérables. Dans sa beauté, son fruit, abondant, est marqué du Sceau de Mon Saint Esprit. Chaque nation, peu importe la race et d’où elle vient, peut l’atteindre et en avoir son content. Son produit est suffisant pour tous. Même aux indignes, cet arbre peut prodiguer ombre et réconfort. Je suis son Gardien. J’ai vu si souvent des hommes ramper et se glisser de nuit, du feu dans leur main, pour mettre le feu à Mon arbre et le détruire. Mais puisque J’avais prévu tout cela, pour le protéger, J’avais rassemblé les armées de Mes Anges longtemps avant que cela arrive, pour l’imbiber de la rosée du ciel.

J’ai balayé Mes ennemis comme tu l’as vu. Aussi, ne dis pas, Mon bien-aimé : "mais l’aigle ne va-t-il pas briser ma racine et dérober mon fruit afin que toutes les nouvelles feuilles se fanent d’un seul coup, alors qu’elles bourgeonnent ?" Non, non ! Mon arbre, Je te le dis, tu continueras à croître et tu continueras à porter du fruit avec le Sceau et le parfum de Mon Saint Esprit. Je multiplierai ton feuillage et ton fruit afin qu’ils soient suffisants pour tous et pour chaque nouvelle génération à venir...

En ne lisant pas la note, on est enclin à croire que le Seigneur parle de La Vraie Vie en Dieu. L’arbre serait le livre. Il semble logique qu’il le soit. Comme La Vraie Vie en Dieu, cet arbre, en effet, grandit, se déploie, atteint de tels sommets qu’on le voit de loin, et c’est assurément l’arbre qui représente l’expansion du Poème déjà traduit dans plus de quarante langues (et en moins de vingt ans) ; l’arbre dont les bonnes graines ont ensemencé tous les sols desséchés, d’autant plus que Dieu, à d’autres endroits, compare Ses hymnes à un cèdre qui étend ses branches :

Ma Parole sera comme un cèdre, étendant ses branches comme des bras, vous guérissant de votre méchanceté, nourrissant votre misère et vous délivrant du Mal.

Rien ne pourra retarder la croissance de l’arbre, pas même ses ennemis auxquels Jésus fait allusion dans l’extrait du Cantique de l’Epoux, en parlant du feu qu’ils tiennent dans leur main pour tenter, en vain, d’incendier l’arbre. Je cite à nouveau :

Je suis son Gardien. J’ai vu si souvent des hommes ramper et se glisser de nuit, du feu dans leur main, pour mettre le feu à Mon arbre et le détruire. Mais puisque J’avais prévu tout cela, pour le protéger, J’avais rassemblé les armées de Mes Anges longtemps avant que cela arrive, pour l’imbiber de la rosée du ciel.

Or stupeur ! cet arbre, même si tout portait à croire qu’il représentait La Vraie Vie en Dieu, se révèle, en fait, l’allégorie de Vassula ! La note est là, souveraine, pour en témoigner et redresser notre jugement.

D’autres paroles du Christ corroboreront la note qui nous force à considérer, contre toute logique humaine, que l’arbre est, sans ambiguïté, l’allégorie de Vassula ! Voilà qui n’est guère plus compréhensible. Pourquoi ? Que répondre sinon qu’il plaît à Dieu de confondre Vassula avec Son oeuvre ! Pourquoi ? nous demandons-nous encore. Parce qu’il doit être clair que les deux ne sont pas dissociables, Vassula, Sa secrétaire et Sa messagère, et La Vraie Vie en Dieu... Par conséquent, qui rejette Vassula rejettera La Vraie Vie en Dieu et qui rejettera La Vraie Vie en Dieu rejettera Vassula. Etes-vous satisfaits ? Non...

Ses chemins ne sont pas les nôtres. Tenons-nous en à l’évidence : Vassula n’est pas une artiste ! L’Artiste est Dieu... Et Vassula n’est pas l’auteur de La Vraie Vie en Dieu. L’Auteur en est Dieu.
À plus forte raison, Dieu devrait dissocier Son oeuvre de Vassula à qui Il l’a remise - appelons-la Sa secrétaire... Or pas du tout. Non seulement Il ne la dissocie pas de Son oeuvre, alors qu’elle ne Lui en a pas inspiré une ligne, mais Il fait de Vassula, Sa secrétaire, un miroir de Son oeuvre !
Sans doute en va-t-il de la sorte pour tous les prophètes : ils deviennent le reflet de la Parole qu’ils ont mission de diffuser ! Pour le monde, formidable occasion de chute ! Le prophète n’est pas dissociable de la Parole de Dieu qui lui a été confiée. Or, pour nous, aucun auteur n’a jamais prétendu ne pas être l’auteur d’un livre et à l’intérieur du livre, dire soudain qu’il se confond avec le livre dont il continue à dire qu’il n’est pas l’auteur ! Tel serait ce que Vassula aurait imaginé - d’incompréhensible - si, comme on l’en soupçonne, elle était l’auteur de La Vraie Vie en Dieu. Personne n’a davantage imaginé qu’un auteur fasse de sa secrétaire le reflet de son propre livre, au point de les confondre. Tel, pourtant, est ce qu’a fait le Christ, avec Vassula - à la condition qu’on Le croie l’Auteur de La Vraie Vie en Dieu. Qui de Vassula ou du Christ était, d’ailleurs, le plus apte à échafauder un pareil projet ? Ils rejettent La Vraie Vie en Dieu, parce qu’ils ne peuvent admettre que le soi-disant Auteur - et Quel Auteur ! - confonde Son Oeuvre avec Sa secrétaire ! Mais ils ne prennent pas conscience qu’un tel paradoxe est inimaginable ! Que Vassula ne soit pas l’auteur de La Vraie Vie en Dieu, mais Son humble secrétaire, puis Son infatigable et dévouée messagère passe encore. L’histoire de l’Eglise est pleine de précédents. Chacun d’évoquer sainte Gertrude, sainte Brigitte de Suède, d’autres, dont l’Eglise (d’antan, et où en sont les neiges ?) a reconnu l’authenticité des charismes... Que le Seigneur fasse de Vassula un "livre sonore" ;

... sois comme un livre sonore, un livre écrit par le Dieu Trine.

que ce livre soit La Vraie Vie en Dieu ; et que Vassula devienne la copie de La Vraie Vie en Dieu, voilà qui dépasse toute mesure !
Redisons-le, pour nous, occidentaux, qu’une oeuvre d’un auteur qui a été dictée à quelque secrétaire ait le pouvoir de déteindre sur la personne à qui elle a été dictée, est impossible, irrationnel, incompréhensible ! La Parole de Dieu, contrairement à celle des hommes fait devenir Sienne celui qui la reçoit ! Serait-ce pourquoi Dieu permettrait à qui lirait La Vraie Vie en Dieu de remplacer le nom de Vassula par son propre nom, afin qu’on devienne à son tour cette Parole ?
Cette Parole serait-elle destinée d’abord à être lue puis « tatouée » pour être vécue ? Si tel est le cas, nos préjugés rationalistes s’en trouvent profondément ébranlés.

La Parole de Dieu ! Elle est à prendre ou à laisser. Et si nous choisissons de la prendre, Elle nous absorbe, Elle nous engloutit pour nous faire renaître. Telle est l’occasion de chute. La Parole s’inscrit sur le corps de Son lecteur. Elle se confond avec lui.
Les professeurs de nos écoles ne nous accoutument guère à penser qu’un livre a le pouvoir de rendre pareil à lui l’être auquel il était dicté et tout homme qui le lit !
"Le livre grandit ; tu grandiras, dit, en somme, Dieu à Vassula dans le célèbre message de l’allégorie de l’arbre ; le livre sera persécuté, tu seras persécutée ; mais de même que Je protégerai Mon livre, Je te protégerai."
Il est un cas d’amitié qui a marqué la mémoire littéraire entre un écrivain et sa secrétaire. Chacun sait que ce que l’on doit à Céleste Albaret, sa célèbre gouvernante et, parfois, secrétaire : l’inestimable fait que Proust ait pu poser le mot fin dans son universel roman A la Recherche du temps perdu. Dans Monsieur Proust, de passionnants mémoires, Céleste Albaret raconte la façon dont elle a plusieurs fois pris en dictée l’oeuvre de son vénéré maître ; or, jamais elle n’a prétendu que le personnage de La Recherche, Céleste, auquel elle a donné son nom, était devenu Céleste Albaret ! Elle n’a pas non plus prétendu être devenue Céleste Albaret, après que Proust eut fait entrer dans son oeuvre admirable une jeune femme qui s’appelait Céleste ! C’est le contraire qui s’est produit : par la volonté de Proust, un personnage est devenu Céleste, inspiré de Céleste Albaret. Comprenons-nous bien. Céleste Albaret existait avant le personnage qui portera le même prénom que le modèle de chair et d’os, la vraie Céleste qui inspira son personnage à Proust ! Ce qui est sorti de la personne humaine, nommée Céleste Albaret, auteur de Monsieur Proust, est le personnage qui n’existait pas avant que Marcel Proust ne rencontrât la vraie Céleste et ne liât avec elle amitié. En revanche, par la grâce de La Vraie Vie en Dieu, Vassula est littéralement devenue le livre qu’elle prenait en notes, « un livre sonore » !
Là est la notable différence ! Vassula, dès lors qu’elle a commencé à transcrire La Vraie Vie en Dieu n’a plus jamais été tout à fait Vassula ; ce qui signifie que tout en restant elle-même, Vassula devint autre : convertie, elle est devenue prophète (nous y reviendrons). Le sort de ces deux secrétaires est donc bien différent. L’une inspira l’un des multiples personnages d’un grand roman de la littérature universelle ; l’autre devint la copie de l’œuvre qu’elle prenait en notes : La Vraie Vie en Dieu ! C’est le livre, La Vraie Vie en Dieu, qui rendit Vassula pareille à lui ; c’est Céleste qui, en partie, apporta sa petite contribution au livre de Marcel Proust. Céleste n’en est pas pour autant renée ; Vassula si. Alors que Céleste Albaret inspira un nouveau personnage à son maître, Vassula devint le livre qu’elle prenait en dictée !
Lorsque c’est Dieu Qui écrit, comment faire comprendre à nos contemporains occidentaux, que non seulement l’oeuvre incorpore celle qui la prend en notes, mais bientôt tout lecteur ? et qu’il ne s’agit pas tant d’un processus d’identification vécu par le lecteur que d’un véritable "engloutissement" auquel chacun est appelé à participer, avec son consentement. De son plein gré et en toute liberté, le lecteur devient la copie de la Parole qui l’engloutit, cependant qu’il lit La Vraie Vie en Dieu. Comprenons bien que La Vraie Vie en Dieu est tissée des mots du Verbe, dont Vassula devient la copie et le reflet ; ira-t-on jusqu’à dire : devient cette Parole ?
En vérité, selon les mots mêmes du Christ, Vassula devient un canevas. En d’autres termes, Vassula est une secrétaire-livre, un livre vivant, certes, une femme livre, un "tissu" sur lequel Jésus imprime Ses paroles. Cela signifie que le Christ écrit sur Vassula et que d’elle Il Se sert comme de Sa tablette :

Tu es Ma tablette, petite.

C’est pourquoi Il la compare - poétiquement - à un canevas :

J’ai choisi Vassula en tant qu’être incapable et misérable, inutile et dépourvu d’éloquence."Écris également ceci : "Oui, sans la moindre connaissance élémentaire de Mon Eglise, un canevas vierge que, Moi, le Seigneur, J’étais libre de couvrir uniquement de Mes Œuvres, pour qu’il soit clair que tout ce qui est écrit vient de Ma Bouche.

Autre citation :

Ne soyez pas surpris du genre d’instruments que J’utilise. J’ai choisi un rien, ne sachant rien, un canevas vide, afin qu’il soit clair que les Œuvres couvrant cette toile seront de Moi, et que vous croyiez cette fois que c’est Moi Jésus, Fils Bien-Aimé de Dieu, qui parle.

En 1987, Jésus ne S’en tient pas à cette métaphore des plus inattendues : des années plus tard, après avoir employé cette image inventive, le Seigneur compare Vassula, Sa secrétaire, (il fallait y penser !) à une broderie ! Vassula y gagne... "Canevas", "broderie"... Arrêtons-nous sur le sens des mots... Le canevas, dans le dictionnaire, a, au moins deux sens propres et un sens figuré. Il peut représenter la trame, c’est-à-dire "la grosse toile claire à tissage sur laquelle on exécute la tapisserie" (Larousse), avant que la tapisserie n’ait été réalisée. N’est-on pas, en 1987, au début de La Vraie Vie en Dieu ? L’oeuvre est, en effet, à peine commencée... C’est à ce sens figuré que canevas renvoie en 2001, "au plan, à la structure" d’une oeuvre, même si le mot désigne aussi "le travail de tapisserie effectué sur cette toile" (Larousse). Or le mot "broderie" employé des années plus tard, en 2001...

Ma fille, J’ai encore devant Moi beaucoup de pages blanches qui ont besoin d’être remplies en les oignant de Mon noble thème ; Mon oeuvre est comme une broderie ; J’ai dessiné tous les détails sur le tissu. Pour cette raison, Je devais trouver une pièce de tissu vide sur laquelle Je dessinerais de Ma Propre Main les motifs ornementaux de roses que J’avais à l’esprit. Avec un fil d’or, Je t’ai brodée, donnant vie aux roses pour qu’elles répandent alentour leur douce senteur, parfumant tout le cosmos.

...éclaire rétrospectivement les deux sens de "canevas", s’il en était besoin. Alors ! c’était bien "la trame" que le Seigneur voulait signifier, en employant "canevas" au début de Son oeuvre, en 1987, lorsque La Vraie Vie en Dieu n’était encore qu’ébauche, ce que confirment aussi les deux adjectifs qualificatifs, "vierge" et "vide" qui ne sont pas tombés là par hasard... Mais, alors que Vassula est devenue la secrétaire d’un livre de plus en plus volumineux, des années plus tard, en 2001, le "canevas" est, quant à lui, devenu "broderie". N’en fallait-il pas du génie pour imaginer tout cela si Vassula eût été l’auteur de La Vraie Vie en Dieu ! Or Vassula ne peut avoir écrit ces phrases ; elle ne peut avoir forgé elle-même ces métaphores porteuses d’une signification, certes, compréhensible à nous qui les lisons dix ou vingt ans plus tard, mais qui, au moment où elle les a entendues et transcrites pour la première fois, ont certainement dépassé son entendement et dépasseraient le nôtre, si nous les entendions pour la première fois, dans le même contexte.

Qu’on me permette un petit détour. Si Vassula était vraiment l’auteur de La Vraie Vie en Dieu, cela supposerait qu’elle avait magistralement gouverné son oeuvre. En employant "canevas" au début de La Vraie Vie en Dieu, n’avait-elle pas posé, sous cette métaphore, une spectaculaire pierre d’attente dont la suite allait révéler toute la profondeur architecturale ? Alors, se dit-on, Vassula serait digne des plus grands artistes ! J’aime à la comparer à Proust (excusez du peu !) lequel, au seuil d’A la Recherche du temps perdu, posant le mot "Longtemps", sait déjà qu’il finira son livre par le mot "Temps". Afin de réaliser sa Recherche qu’il attendit quelque quarante années pour commencer à composer, Marcel Proust avait consacré une grande partie de sa maturité à la méditation de sa "cathédrale". La comparaison s’arrête là ! Car Vassula, si elle était l’auteur de La Vraie Vie en Dieu ferait mieux que Proust ! Et voici pourquoi. Contrairement à l’auteur de La Recherche, qui n’a cessé de se cultiver et d’engranger, avant de se mettre à écrire, Vassula, au lieu d’écrire, quant à elle, consumait son temps sur les courts de tennis et dans les défilés de mode. N’est-il pas incompréhensible qu’elle ait néanmoins écrit, un jour, La Vraie Vie en Dieu ?...
Pour en revenir à l’emploi du mot "broderie", le dictionnaire Larousse le définit ainsi : " Art d’exécuter à l’aiguille ou à la machine des motifs ornementaux sur une étoffe ; ouvrage ainsi réalisé. Faire de la broderie. Une tapisserie aux magnifiques broderies."
Or, qui l’a cousue ? Dieu ! Quel était son fil ? Les mots ? Quel rapport entre un texte et une oeuvre de couture, me demanderez-vous, étonné(e) par cette métaphore dont l’apparent arbitraire vous agace... Vous auriez tort. Souvenez-vous que le mot "texte" en latin veut dire "tissu" ? Un texte n’est rien de moins qu’un tissu de mots ! Douterez-vous encore que Celui qui écrit La Vraie Vie en Dieu sache vraiment écrire ? Admirable texte, en effet, que celui du 10 décembre 2001 ! Le Seigneur y confirme que Vassula est une femme-livre ou une secrétaire-livre ou, si l’on préfère, une femme-tissu, une secrétaire-tapisserie, en somme... Vassula devient le texte qu’elle reçoit. Dieu écrit sur elle et sa peau est devenue Son parchemin.
Le début de la phrase du 10 décembre 2001 laisserait supposer au lecteur que Jésus parle de La Vraie Vie en Dieu. Le paragraphe est, d’ailleurs, construit de manière à surprendre le lecteur. Cette tapisserie que l’on croyait représenter La Vraie Vie en Dieu - de même que l’on croyait que l’arbre était l’allégorie de l’oeuvre ! - c’est Vassula elle-même, ce que confirme, contre toute attente, le pronom personnel t’ :

Avec un fil d’or, Je t’ai brodée(...)

qui a pour référent Vassula !

Il n’échappe pas au lecteur, à ce stade de notre raisonnement, que, lorsque le Christ parle de Vassula, Il parle aussi de La Vraie vie en Dieu ! Ainsi de « canevas » à « broderie », comprend-on que l’on a affaire à une œuvre magistrale… Ne devrais-je pas dire plutôt, à deux œuvres magistrales ! profondément travaillées l’une et l’autre, tel un tissage des plus admirables, deux œuvres qui ne laissent rien au hasard, et dans lesquelles leur Auteur avait prévu tous les motifs, les ornements, les thèmes, savamment disposés comme sur une tapisserie digne de ce nom ! Et ces deux œuvres sont La Vraie vie en Dieu et Vassula ! Cela prouve que l’œuvre et sa secrétaire sont gouvernées de mains de maître depuis le commencement et que le Christ avait un plan pour chacune d’elles, ce que le Christ ne se lassera pas de rappeler à Vassula : il l’a créée de toute éternité pour La Vraie vie en Dieu ! L’une et l’autre sont indissociables ! Il y a un plan à La Vraie vie en Dieu ? Il y a un plan à la vie de Vassula ! Toutes les deux suivent une direction, la même, celle du Christ ! En effet, quoi de plus construit, de plus prévu, de plus laborieusement élaborée qu’une « tapisserie », ce à quoi les compare le Christ ? Quoi de plus construit, de plus prévu, de plus laborieusement élaborée que La Vraie vie en Dieu, si l’on en croit les métaphores de « canevas » et de « broderie » ? Quoi de plus dirigée que la vie de Vassula entièrement au service du Christ ? La Vraie vie en Dieu est un tissu de mots, et quant à Vassula, compte tenu du fait qu’on ne peut pas la dissocier de l’œuvre qui lui est dictée, elle est également une femme livre, une femme tissu, donc un « canevas » et une « broderie » ! Ce qui est vrai pour La Vraie vie en Dieu est vrai pour Vassula et vice versa et ce qui est vrai pour Vassula doit ô surprise ! l’être aussi pour nous aussi, car nous sommes invités à remplacer le nom de Vassula par le nôtre et à devenir apôtres et échos de l’écho.
Tel est ce que nos contemporains auront eu tant de mal à admettre en abordant cette oeuvre ! Ils auront rejeté La Vraie Vie en Dieu, n’ayant pu admettre que Son Auteur confondît Son oeuvre avec Sa secrétaire, à plus forte raison que Sa secrétaire ne se dissociât plus de l’oeuvre qu’elle prenait en notes ! Non seulement l’écrivain mondain ne confond pas sa secrétaire avec son oeuvre, mais il prend bien soin de l’en éloigner. Notre tort est de juger en mondain la relation mystique qui unit l’Auteur de La Vraie Vie en Dieu à Sa secrétaire Vassula. Imagine-t-on Proust, aux forces déclinantes, alors qu’il dicte ses phrases inimitables à Céleste Albaret, déclarer à sa gouvernante, faisant peu à peu fonction de secrétaire : "Vous êtes mon oeuvre, Céleste, vous allez devenir mon reflet et la copie de mon oeuvre..." Que Céleste aurait-elle pensé de son vénéré maître ? Qu’il était devenu fou et fou d’orgueil ! Proust, toujours maître de lui-même, quoiqu’il fût orgueilleux, confiait à Céleste, quelques mois avant sa mort :
« (…) quand je serai mort, vous verrez ce que je vous dis : on me lira, oui, le monde entier me lira. Vous assisterez à l’évolution de mon œuvre aux yeux et dans l’esprit du public (…) » Monsieur Proust, par Céleste Albaret, éditions Laffont, page 377.

Que La Vraie Vie en Dieu se confonde avec Vassula, qu’est-ce à dire pour nous "modernes" ? sinon que cette oeuvre n’est pas un livre « normal », un livre tel que l’homme en écrit, et que, par conséquent, si Vassula n’est pas l’auteur de La Vraie Vie en Dieu, mais, comme nous le croyons, Dieu, ce livre est une formidable occasion de chute ! ...tant il bouscule notre confort rationaliste.

Ce livre est une nourriture, un remède, un baume, une cathédrale : quiconque le lit devient lui-même nourriture, remède, baume, cathédrale. Que Vassula ne soit pas l’auteur de La Vraie Vie en Dieu, tel n’est pas ce que dit le monde ! Qu’importe ! Tel est ce que dit Dieu et ce qu’Il dit importe plus que ce que dit le monde. Plus étonnamment, tel n’est pas ce que dit l’Eglise ! Et le monde et l’Eglise de se comporter envers Vassula avec ingratitude et injustice, comme si l’auteur de La Vraie Vie en Dieu, quoiqu’elle clame le contraire - quelque fortes que soient ses clameurs pour le faire entendre ! - était Vassula. Mais le monde est mondain (nous entendons ses adversaires) et le monde agit en mondain. Mais l’Eglise est amour et justice... Ne continuons pas... Que disent-ils ? "Soit, nous vous concédons que Vassula est inspirée, l’auteur inspiré de La Vraie Vie en Dieu, car c’est elle qui écrit..." Bref, c’est de boue qu’ils la couvrent. Nous leur répondons par Isaac le Syrien :

Unir la miséricorde et la justice en une seule et même âme équivaut à réunir en une même maison Dieu et les idoles.

Nous laisser engloutir par La Vraie Vie en Dieu - comment nous le faire admettre à nous, modernes ? - ce n’est pas nous laisser "aliéner", mot si cher au XXème siècle ; c’est nous laisser volontairement renaître ; subir quelque opération esthétique (réussie), appelée à durer ; cuire et dorer doucement au four chaleureux de l’Amour, après nous avoir laissé, pâte longtemps travaillée, ce qu’il nous faut de temps pour nous reposer, dans l’attente de la main secourable qui nous déposera au milieu du four, avant de nous en retirer brioche... La Vraie Vie en Dieu est une sorte de ventre de la baleine qui avala Jonas, lequel, quand elle l’eut vomi, n’était plus Jonas, mais un prophète. Ceux qui lisent La Vraie Vie en Dieu prient pour que l’encre des mots s’infuse en soi, dans chaque méandre de son cœur, tant l’encre s’y est changée en sang - d’un Donneur Universel.

 
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